Arcs en lamellé-collé
ARCHERIE TRADITIONNELLE EN SUISSE
 
 

Arcs en bois “massif reconstitués en lamellé-collé”
 
     
Profil bandé de l'arc
de chasse droit "Toxon".
La poignée est pliante
pour le transport
  Profil débandé, branches
réflexes convenant particulièrement à un arc pour la chasse
  Profil bandé de l'arc à double courbure réflexe "Celtique":
la corde ne touche pas les branches
  Profil débandé :
forme réflexe de la poignée
et double courbure réflexe renforcée en fin de branche
 
“Juste pour remettre l’Eglise au milieu du village ”
 Un texte qui en vaut la peine !
 
Dans la première partie de son traité de facture d’arc (qui sera éditée prochainement séparément à sa deuxième partie technique), Blaise Fontannaz raconte avec précision, l’histoire de l’archerie et de son évolution jusqu’à nos techniques et matériaux modernes…
 
Avec l’apparition de la néo-gestuelle du tir au viseur (fin 19ème), qui sera la cause destructrice de la plupart des arcs en bois massif, viendront les matériaux nouveaux (les pionniers suédois SEEFAB, mod.dép) ont construit des arcs en aluminium- zicral (techn.de l’aviation SAAB), jusqu’en 1946 environ.).

Mais avec l’invention révolutionnaire des polymères époxydes par la firme Ciba-Geigy en 1946 (colle Araldit), un essor extraordinaire et sans précédent transformera le savoir-faire de milliers de secteurs différents.
L’exemple de la firme Authier à Bière (Switzerland), fabricant pionnier de l’évolution du ski bois moulé à chaud depuis 1910, deviendra peut-être l’inventeur en 1945/46, du “sandwitch époxy” avec son célèbre ski Vampire en lamellé de bois et de métal , collé avec l’Araldit. Cette évolution révolutionnaire sera suivie par de nombreux secteurs différents, dont l’ archerie.
1946, fût donc une révolution au sein de nombreuses fabriques déjà existantes mais aussi pour de nouvelles par milliers.
 Les pionniers dans l’archerie moderne cette année-là furent ceux qui en fabriquaient déjà auparavant :Wings (S), Border (Ecosse), Hoyt (US),etc.

Les fabriquants de piano et instruments de musique Coréens Samick ont-ils été les précurseurs de l’arc “Recurve”, inspiré directement de leur archerie traditionnelle active avec leur arc composite à triple courbure fabriqué artisanalement encore de nos jours ?
Dans les années 50, c’est une véritable explosion industrieuse dans le monde du sport non seulement, qui verra le jour avec ces milliers de nouvelles entreprises pour une production de masse.
En 1974, lorsque Blaise Fontannaz, reprend la production artisanal  au sein des abbayes (Morges, Lausanne, Vevey) avec ses répliques des arcs anciens, entiers ou cassés pour la plupart, il fait renaître le métier abandonné après le dernier facteur d’arc suisse “Bourgeois” de son nom, ébéniste de son état à Lausanne jusque dans les années 1780.
Il a à cœur de répliquer les plus beaux arcs, mais surtout les models les plus anciens en bois massif (if ou cytise).
Les arcs anciens avec collage de plusieurs bois (exotiques) d’origine Belge, Ecossaise, Anglaise ou Suisse, n’attirait pas ce puriste.
Les bois étaient difficiles à se procurer, mais il jugeait ces arcs trop lourdement ralentis par ces mélanges de bois collés , certes prestigieux. (Greenheart, amourette,hickory,buis du Brésil, amarante, etc.).
Ses guides érudits le guidaient et le soutenaient dans son choix de puriste.
Après deux années, Blaise avait déjà répliqué tous les plus beaux models représentés actuellement dans sa collection de Prestige.
C’est donc en 1976, qu’il se perfectionnait chez Authier pour les techniques de collage époxy à chaud et dessinait le design des moules de formes des longbow “réflexe-déflexe”.
Puriste dans l’âme, il n’allait point collé des arcs “Recurve” qui supplantaient bientôt tout autres types d’arcs. Car il jugait le Recurve contre-nature (très large et très plat, 2 plis d’érable et 2 fibres de verre épaisse de 1à 1,5mm.) car celui-ci ne pourrait exister à l’état naturel sans le secours de cette colle et de la fibre de verre époxy.

Bien que ses performances étaient supérieurs à un longbow naturel, seules les deux extrémités des branches sont mises en action et plus du tiers de l’arc reste inerte au niveau et au delà de la poignée.
Ce qui ne procurait presque plus aucune sensation en pratiquant le tir instinctif avec ce type de Recurve.
De surcroît, cet arc est si bruyant qu’il ne pouvait convenir pour l’employer à la chasse.
 
A l’instar de cette nouvelle archerie moderne et avec ses précieuses connaissances dont ses sources de bois exceptionnelles, il pouvait améliorer aisément les derniers models commercialisés par les fabricants d’arcs droits “flatbow”(arc large et plat, trop souvent symétriques) collés et produits par toutes les marques connues. (Ben Pearson, Bear,Black Widow, Martin, etc.).
Les arcs droits collés produits en grande série et vendu dans le commerce, possèdent seulement 2 ou 3 plis de bois, et au pire avec l’ajout d’une couche de placage industriel de 0,6 à 1mm.d’ épaisseur (brute et de surcroît non affinée), ce qui rajoute 2 couches de colle à un “sandwitch” contenu par deux couches de fibre de verre de  1,5 mm. d’ épaisseur au minimum  ! Toujours pour l’économie des produits, des insertions de placage (bois, fibre verre ou carbone) sont aussi incorporées dans l’ assemblage du bois de poignée, la rendant totalement inerte tout en lui privant de sa dynamique centrale.

Résultat des courses : le minimum de matériaux bois souvent sélectionnés dans le sens des fibres “debout” (qui augmente le phénomène de compression) ou dans n’importe quel sens avec des cernes de croissances sortants (augmentant le risque flagrant de casse de l'arc), le minimum de tâches artisanales et de finition mis en œuvre.
Total des courses : un monobloc “bois/colle” minimisé par les 2 fibres de verre inutilement épaisses, mais garantissant l’ anti-casse du tout, qui revient en arrière uniquement en mode de “compression”(accentué selon l’importance souvent surdosée de la forme réflexe basique) et qui fait “boum” en avant, au lâcher de corde.
La seule contentation : un look “couleur bois”.

Rares seront les derniers artisans facteurs d’arc qui pouvaient se vanter de fabriquer dans les règles de l’art , mis à part encore les rares facteurs d’arc en bois massif, car l’on ne peut tricher en utilisant rien d’autre que du bois massif, du bon !
 
Et ce n’est de loin pas les trop nombreux qui s’improvisent et se décrient des  “facteurs d’arc ”, tout en achetant des kits de bois et de fibre de verre ou de carbone aux US pour la plupart,  de les coller sur des moules de formes qu’ils ont aussi achetés ou bricolés sans notions aucunes des proportions naturelles. Mais voilà, n’importe qui en serait capable, grâce à la colle époxy ou pire polyuréthane (+molle) qui garantiront (pour un temps) l' assemblage de leur “progéniture tant rêvée” même avec les pires matériaux ! .

Ils vont même jusqu’à décorer leur “flatbow” avec du placage d’if et de prétendre qu’ils vendent des arcs en if très performants !
Alphonse Daudet ne s’en serait-il déjà inspiré à l’époque pour créer son fameux “Tartarin de Tarascon” ?  

Bien qu’il existe encore quelques artisans plus ou moins scrupuleux, Blaise Fontannaz ne mâche pas ses mots en désignant tous ces néo-Hobbyist (déjà en 1984 )peu respectueux et “tartarisan” le métier, en les dénommant des “Colleurs de kits US ”.

Mais libre à la nouvelle multitude de “néo-Tartarin” qui (par méconnaissances incultes) incorporent à tout va, de multiples insertions de plaquage bois, fibre de verre ou carbone....  Ce qui a pour effet de fortifier leur fameux “mono-bloc” dans son mode unique de compression, rigide et inerte, ce qui le rendra encore plus lent et fera encore plus “Boum” ! 
Mais connaissent-ils au moins les vraies valeurs des lames de bois des kits qu'ils achètent et qu'ils ventent d'être les plus rapides car ainsi déclamés sur la notice d'emballage ???...
Dès qu'ils ont un peu de bois d' if ou d' Oranger des Osages, significativement plus rien ne les arrêtent dans leurs revendications mythiques et puériles. 
Nous pouvons leur dire ceci:

Il y a “ if et if ” ! Car il existe à peine un if de montagne sur cinq cents ou davantage qui conviendrait pour fabriquer un seul arc ! Faut-il encore connaître la nature et les arbres!
Même pour un très bon if, s'il est mal récolté, mal refendu, il ne produira qu'une qualité très péjorée comparable à du bois de catégorie inférieur (peuplier, sapin)...Paradoxalement, le bois nerveux de l'if mal refendu ayant des “cernes sortantes”, deviendra très délicat et cassera aussitôt au moindre défaut !
Juste pour la fin de ce “coup de geule” légitime et pour l'exemple:
N'importe quel “quidam” pourrait-il se venter de pouvoir fabriquer un violon d'exception avec n' importe quels matériaux et n' importe quelles connaissances et se prétendre perpétuer le savoir-faire de Stradivarius ou Garnerius?!
PS: et s'il vous plait, n'employez pas des dénominations sans les connaitre ni les comprendre. Faites un effort avec internet, on peut miraculeusement se rendre un peu moins lourdement inculte...

 

Un véritable facteur d’arc, à l’appelation méritée, est bien celui qui connaît le feeling dans la réussite maîtrisée d’un longbow en if de montagne abattu dans les règles de l’art, qui doit être conçu en section “D” plus épais que sa largeur pour bénéficier et provoquer le phénomène totalement extraordinaire de l’extension (aubier) et compréssion(duramen) naturelles que l’if possède.
Aucun autre bois ne peut dans le monde dépasser la vitesse et les performances extraterrestres de l’if de montagne, rapport poids/puissance confondu ! 
Le must est de le concevoir grâce à un assemblage reflex au niveau de la poignée , avec deux branches “jumelles” au grain surfin possédant déjà le deuxième réflexe naturel dans ses extrémités et non contraint/chauffé. Vous obtiendrez ainsi le rare et fantastique model Diane de la collection Prestige , ou le model Bourgeois en cytise.
 
 
ébauche d’ if prête au “sacrifice” de la refente pour la confection d’un arc lamellé-collé
Et il faudra 2 ifs reflex entiers pour faire un seul arc lamellé-collé!
  détail du collage à la sortie de poignée.
Arc “Jubilé 2000” , 2plis d’ if en âme, 1 plis extérieur/extension en bambou , 1 plis intérieurcompression en bambou. Bois de poignée d’ un seul bloc/dynamique (veines plates) , bien éffilé pour fondre progressivement dans les lames (ébène Maccassar).
 
Pour Blaise, l’évidence de concevoir le même arc Longbow  mais en proportions réduites (60 à 72 inch.) , en refendant le bois massif d’une belle ébauche reflexe ainsi sacrifiée en 4 plis respectifs possédant chacun le maximum de cernes de croissance à plat et de bout en bout , et de les reconstituer en 2 plis principaux pour l’âme, un plis extérieur pensé pour l’extension (en aubier ou en duramen) et le 4ème pli intérieur , pensé pour équilibrer la compression selon la forme initiale (moule de forme) des réflexes progressifs/évolutifs, le tout pris en sandwitch entre deux couches de fibre de verre fabriquées spécialement pour les arcs par le prestigieux fabricant d’arc suédois Björn Bengston, de seulement 0,8 mm.(o,o30”), privilégiant ainsi l’épaisseur du bois pour qu’il ne tombe pas dans l’appelation de “flatbow” (arc plat ).

Les arcs ainsi conçus, non seulement conservent tous les critères du véritable Longbow (étroit et épais, extension / compréssion égales = vitesse), mais acquièrent une robustesse, vitesse et performances sans égal !
 
Résultat des courses ? Comment avec tous ces critères parfaits, on ne pourrait obtenir qu’une nouvelle perfection ?
Rares sont les facteurs d’arc qui ont fabriqué de cette façon mis à part peut-être en fibre de bambou qui ne nécessite pas un bon choix de veinage à plat qui prévaut la casse des arcs à la sortie de poignée , souvent finie trop abruptement car moins de labeur et de savoir-faire.
 
Il faudra quelques années encore à Blaise Fontannaz pour parfaire le model double-réflexe reconstitué en lamellé-collé
(1980).
Il le dénommera l’ Arc Celtique.

Depuis 1976, Blaise Fontannaz a mis au point 3 types de reflexe-deflexe longbow (asymétriques)

- Réflexe 1 : faible reflex, peu de compression pour un tir agréable de jeu/cible. ( type “news Howard Hill” Dan Schultz puis John Schlutz 1975 USA , par Ted Ekin puis Craig & Evie Ekin 1979 USA , J-M Coche1984 colle des kits Howard Hill en France.)
- Réflexe 2 : arc “longbow standard”.
- Réflexe 3 : (Toxon), un maximum de vitesse , arc chasse.
NB : les courbes des réflexes possèdent une géométrie calculée complexe et évolutive.
 
Les arcs de types Longbow ou Celtique sont réalisables sur mesures, de 60 ” à 72 inch., en if ou dans tous les bois du calendrier celtique, et encore quelques modèles spéciaux (bois d’arc éxotiques: Féreol, Montouchi, Trebol, Amourette,les Dalbergias,Oxandra,cocotier,palétuvier, etc. ainsi que les bambous d'exceptions, etc.).
 
Poignée pliante en cytise de l'arc "Toxon"
Sur demande les poignées peuvent être pliantes par l'ajout d'une solide charnière en acier inoxidable de qualité (Swiss Made ATS)
 
poignée d'un longbow reflex poignée deflex, en branche d'if reconstituée en lamellé-collé, avec poignée en bois d'amourette, cuir "tobaco"

Les poignées sont garnies (dans les ateliers ATS) de cuir de qualité, très endurants . Lacets et repose flèche marqueté sont confectionnés dans un cuir très résistant (chien ou kangou).
 
Comme pour le modèle Jubilé 2000 “Tradition" cité dans le tableau de la page catalogue, tous les arcs lamellés peuvent également être fabriqués avec les deux plis extérieurs en bambou. C’est le seul assemblage raisonnablement praticable.
 Tout autres assemblages sont considérés produire des dissociations entre les différentes essences de bois possédant chacune ses propres modules uniques et spécifiques d’élasticité en flexion, de résistance à la traction/flexion et au cisaillement, entraînant l’implosion du collage tôt ou tard. Et de surcroît en employant des nouvelles matières modernes ultra-rigides pour les cordes qui accentuera le bruit du “BadaBoum” . “ A bon entendeur .-)